Sida: un facteur cellulaire explique une mauvaise réponse immunitaire
Des chercheurs ont identifié un facteur cellulaire qui pourrait expliquer pourquoi les cellules dendritiques, sentinelles du système immunitaire, répondent de façon imparfaite au virus du sida, ce qui pourrait permettre d'envisager de nouvelles stratégies vaccinales.

Source photo : Chris Hondros [AFP/Getty Images/Archives]
Ces résultats, publiés en ligne mercredi dans Nature, ont été obtenus par des équipes du CNRS, de l'Institut Pasteur et de l'Institut Cochin, selon un communiqué conjoint du CNRS et de l'Agence nationale de recherches sur le sida (Anrs).
Les cellules dendritiques, présentes dans la peau, les muqueuses et les tissus lymphoïdes, détectent la présence de microbes et déclenchent une réponse immunitaire, d'une part en émettant des signaux permettant de déclencher une réponse innée, d'autre part en modifiant "l'intrus" pour "en présenter des morceaux (les antigènes) aux cellules impliquées dans la réponse immunitaire spécifique", rappelle le communiqué.
Or, en cas d'infection par le VIH-1, le virus du sida le plus répandu, ces fonctions ne sont qu'imparfaitement remplies: le virus n'infecte qu'incomplètement les cellules et "diminue ainsi probablement une réponse immunitaire optimale" au virus, selon les chercheurs.
Les cellules dendritiques sont infectées plus efficacement par d'autres virus apparentés au Vih-1, les Vih-2 et le virus simien Siv, qui possèdent une protéine virale particulière que n'a pas le Vih-1, la protéine VPX.
Les chercheurs, conduits par Monsef Benkirane, de l'Institut de génétrique humaine du CNRS à Montpellier (France), ont observé que les cellules dendritiques sont beaucoup plus sensibles à l'infection par le Vih-1 quand elles sont "manipulées" pour exprimer la protéine VPX spécifique du Vih-2 et du Siv. Ils ont donc isolé les protéines cellulaires interagissant avec VPX et ont ainsi identifié une autre protéine, SAMHD1.
Selon les chercheurs, cette protéine "inhibe les toutes premières étapes du cycle viral, empêchant ainsi la réplication du virus". C'est donc elle qui "limite la capacité du VIH-1 à infecter les cellules dendritiques", et donc permet au Vih-1 "d'échapper à la réponse immunitaire".
Cette découverte, soulignent les chercheurs, "ouvre des perspectives nouvelles en recherche fondamentale" mais aussi "pour les équipes qui travaillent à l'élaboration d'un vaccin thérapeutique et préventif ciblant les cellules dendritiques".
![]() | Source AFP modifié le 26/05/2011 |













