Accueil > Mag Santé > Ma santé > Simone Veil inaugure le premier hôpital-prison pour détenus psychiatriques

Simone Veil inaugure le premier hôpital-prison pour détenus psychiatriques

 

Ma santé

 

L'ancienne ministre Simone Veil a inauguré vendredi près de Lyon le premier hôpital-prison pour détenus malades psychiatriques, auquel on a donné son nom, dans un contexte social tendu, la CGT dénonçant une "mascarade" sécuritaire en pleine crise de l'hôpital public.

 

(GàD) Michèle Alliot-Marie, Simone Veil, la secrétaire d'état chargée des ainés Nora Berra et Roselyne Bachelot-Narquin, le 21 mai 2010, lors de l'inauguration de l'Unité Hospitalière Spécialement Aménagée (UHSA) de l'hôpital psychiatrique du Vinatier à Bron

Source photo : Jean-Philippe Ksiazek [AFP]


Un détenu se repose dans sa cellule d'une unité Hospitalière Sécurisée Interrégionale (UHSI), en avril 2005 à Lyon.

Source photo : Fred Dufour [AFP/Archives]


"J'ai toujours pensé que, même s'il s'agissait de gens très difficiles, nous devions faire le meilleur pour qu'ils retrouvent le bon chemin", a déclaré Mme Veil, en inaugurant cette première Unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA), construite au fond du parc de l'hôpital psychiatrique du Vinatier à Bron (Rhône).

"C'est important d'avoir le courage et d'avoir les yeux ouverts", a ajouté l'académicienne qui, lorsqu'elle était magistrate, "a passé beaucoup de temps dans les prisons".

"Ceux qui sont ici sont des gens difficiles mais en même temps, ils veulent des choses auxquelles ils ont droit", a dit celle qui fut à l'origine de la loi de janvier 1994 transférant la gestion des soins en prison au service public hospitalier.

Cette unité "marque une avancée considérable dans la prise en charge médicale" des détenus et "c'est une première étape du renforcement global de la présence médicale en prison", a assuré pour sa part la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie, qui a participé à l'inauguration.

"Aujourd'hui, la population carcérale est plus touchée que l'ensemble de la population", a-t-elle observé, soulignant que "55% des détenus entrant sont atteints de troubles psychiatriques et qu'un détenu sur cinq a déjà fait l'objet d'un suivi psychiatrique à l'extérieur".

Mme Alliot-Marie a ensuite rendu "hommage" au "rôle de pionnier" de Simone Veil. "Vous incarnez mieux que quiconque la volonté politique, la détermination et le courage des convictions", a-t-elle ajouté.

Accompagnées de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, Mmes Veil et Alliot-Marie ont visité la première des trois unités de l'UHSA, qui accueille pour l'instant huit patients, des hommes de plus de 45 ans.

Elles ont pu voir vingt chambres individuelles éclairées par une large fenêtre à barreaux et équipées d'un petit cabinet de toilette et d'une télévision. Mais aussi une petite cuisine, destinée à des "ateliers thérapeutiques", où les "patients, divisés en petits groupes, s'organisent autour d'une recette qu'ils dégustent ensuite", a expliqué Corine Bouchet, un cadre de santé.

A l'extérieur, un mur d'enceinte en béton et une douve, surveillés par des gardiens de prison. A l'intérieur, uniquement du personnel soignant - près de 120 personnes - pour une médicalisation 24H/24.

Evoquant ses entretiens en privé avec le personnel hospitalier, Mme Bachelot a souligné combien "tous ont montré un désir de défricher des terres nouvelles et de participer à une expérience complètement innovante".

En début d'après-midi, une soixantaine de personnels ont manifesté dans le calme devant l'entrée principale à l'appel de la CGT, dénonçant une "mascarade" sécuritaire en pleine crise de l'hôpital public.

Ils ont réclamé que leur prime de risque de 117 euros soit portée à 234 euros comme c'est le cas dans les UMD (Unité pour malades difficiles). Une revendication "qui fait partie des négociations avec les personnels", s'est borné à dire Mme Bachelot.

L'UHSA pourra accueillir à terme 60 détenus dans trois services: les soins intensifs, une unité de vie collective où se prépare la réinsertion sociale, et une unité de soins individualisés, où seront notamment hospitalisés femmes et mineurs, qui devrait ouvrir avant l'été.

AFPSource AFP
modifié le 23/05/2010