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Suites de cancer, obésité : les nouvelles pistes de la recherche thermale

 

Nutrition

 

Suites de cancer du sein et surcharge pondérale apparaissent comme des cibles prometteuses pour la recherche thermale, selon les experts en thermalisme réunis en congrès scientifique cette semaine à Paris.

 

Des personnes se baignent à la station thermale de Baden Baden le 14 janvier 2005

Source photo : Frederick Florin [AFP/Archives]


Un curiste de la station thermale de Châtelguyon se serre un verre d'eau thermale, le 24 avril 2009

Source photo : Thierry Zoccolan [AFP/Archives]


"La recherche thermale est très active en Europe", indique à l'AFP le professeur Christian-François Roques, de l'Association française pour la Recherche thermale, citant notamment la France, la Hongrie, la Turquie ou l'Autriche.

Alors que l'efficacité du thermalisme est régulièrement contestée, le congrès de la Société internationale d'hydrologie et de climatologie médicale entend apporter les preuves de son intérêt médical, études scientifiques à l'appui.

Parmi les travaux présentés, le Pr Roques souligne l'aspect "novateur" d'une étude comparative sur la prise en charge en station thermale de femmes après un traitement d'un cancer du sein. Il s'agit de femmes ayant subi un traitement lourd (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie) "qui ont besoin de se reconstruire à la fois physiquement et psychologiquement".

Une première étude a été publiée par des médecins autrichiens en 2005. Un nouveau programme, conduit par Yves-Jean Bignon (centre de lutte contre le cancer Jean Perrin, Clermont-Ferrand) est en cours d'évaluation en France.

L'idée est de créer un sas entre l'hôpital, juste après la fin du traitement, et le retour à la vie sociale. Un certain nombre de données montrent par ailleurs que l'hygiène de vie après un cancer du sein peut influer sur le pronostic. La prise de poids après le traitement, en particulier, est corrélée avec un risque de rechute.

"L'objectif immédiat est d'améliorer leur qualité de vie, et à plus long terme de réduire le risque de rechute", explique le Pr Bignon.

Le programme expérimenté dans plusieurs stations thermales d'Auvergne consiste en un séjour de deux semaines en pension complète, avec prise en charge nutritionnelle (menus adaptés, atelier cuisine), accompagnement à la reprise d'une activité physique par des kinésithérapeutes et des médecins du sport, soins thermaux (hydro-massages...) et évaluation psychologique.

L'étude a démarré en mars 2008 avec l'objectif d'enrôler 270 femmes. Les résultats préliminaires de la phase pilote "sont très encourageants", indique le cancérologue.

La surcharge pondérale est une autre thématique importante abordée au congrès, étant donnée l'épidémie actuelle d'obésité et ses corollaires sur les maladies cardiovasculaires ou le diabète.

Une étude comparative sur l'intérêt du thermalisme vient d'être menée en France, avec près de 300 personnes enrôlées. "On a bon espoir de confirmer les résultats" d'une étude préliminaire, à la méthodologie moins rigoureuse, qui a montré une perte moyenne de quatre kilos, maintenue six mois plus tard, indique le Pr Roques.

"C'est intéressant parce que quand on perd trois ou quatre kilos, on diminue de manière significative le risque de faire des complications médicales liées à la surcharge pondérale", ajoute-t-il.

Le Pr Roques reconnaît que les pouvoirs publics ont tendance "à être dans une attitude expectative vis-à-vis de la médecine thermale". "Il se publie de plus en plus de travaux, de mieux en mieux faits, qui montrent que ça apporte quelque chose", notamment pour "des pathologies chroniques, incapacitantes", indique cependant ce spécialiste de médecine physique et de réadaptation.

De plus, "la médecine thermale est un moment particulièrement opportun pour faire passer des messages d'éducation thérapeutique", ajoute-t-il.

AFPSource AFP
modifié le 26/06/2010