Tabac: le prix des cigarettes augmentera de 6% le 8 novembre
Une nouvelle hausse de 6% en moyenne du prix des cigarettes et du tabac, annoncée pour le 8 novembre, va faire passer le paquet le plus vendu à 5,90 euros au lieu de 5,60, un an tout juste après la précédente hausse.

Source photo : Pierre Andrieu [AFP/Archives]
Prix du paquet de cigarettes le plus vendu de 2000 à 2010

Source photo : afp.com
Cette augmentation d'environ 30 centimes par paquet, et de 40 centimes pour le tabac à rouler, déjà évoquée par la presse, avait été confirmée mi-septembre par le ministre du Budget, François Baroin, chargé d'homologuer tous les trimestres les prix du tabac, mais la date n'avait pas été arrêtée.
Demandée par les fabricants, la hausse de 6% en moyenne avait été jugée "modérée et raisonnable", par M. Baroin, en ligne avec plan Cancer 2 de Nicolas Sarkozy.
Cette hausse intervient un an presque jour pour jour après la précédente, +6% le 9 novembre 2009, a confirmé Bercy.
Pour les anti-tabac, ces hausses ne sont pas suffisantes. La plupart réclament au moins 10% pour avoir un effet sur la consommation de tabac et donc sur la santé publique.
Sur son site internet, Droit des non-fumeurs (DNF) demande même au gouvernement et au président de la République de préférer "une augmentation de 60 centimes tous les deux ans", plutôt que des "petites augmentations de 30 centimes par paquet de cigarettes chaque année".
Joint par l'AFP, Pascal Montredon, président de la Confédération des buralistes, a de nouveau regretté cette augmentation qui risque de "relancer les achats de cigarettes en dehors du réseau officiel".
Il souhaite que l'Etat mène une enquête pour déterminer la part de la consommation française qui provient d'achats faits légalement à l'étranger, de produits de contrebande ou de contrefaçon.
De leur côté les fabricants estiment, selon plusieurs enquêtes, que 12 à 20% du tabac consommé en France ne provient pas du réseau officiel.
"C'est quand même paradoxal, souligne M. Montredon. Nous avons le monopole de la vente de tabac en France; nous devrions donc nous réjouir de voir son prix augmenter. Et pourtant nous ne sommes pas demandeurs parce que cela éloigne certains clients des débits de tabac officiels".
"Moins de clients pour le tabac, c'est moins de clients au café, pour les bonbons, les jeux", insiste-t-il.
Mi-septembre, devant le congrès des buralistes, François Baroin avait rappelé que la part du prix du tabac revenant aux buralistes avait "augmenté de 5% entre 2008 et 2009". Il s'était voulu rassurant en précisant qu'il "veillerait" à ce qu'à l'avenir les hausses de prix soient également "modérées et raisonnables", "sans à-coup susceptible de déstabiliser l'activité" des débits de tabac.
La hausse, il y a un an, a eu peu d'effets sur les ventes de cigarettes, faisant reculer de 0,2% le nombre de paquets vendus entre janvier et août 2010 par rapport à 2009. Mais en valeur, le marché du tabac a augmenté de plus de 5% en raison de la hausse des prix, au bénéfice de l'Etat (les taxes représentent 80% du prix d'un paquet), des buralistes (qui touchent 8% sur chaque paquet vendu) et des industriels.
Ces derniers vont devoir apposer à partir d'avril des photos choc au recto des paquets, comme la prévoit désormais la règlementation en France, en plus des messages type "fumer tue" figurant au verso.
Reste la question de la mise en place d'un paquet générique sans logo ni couleur, objet d'une proposition de loi du député UMP Yves Bur. Aucun pays au monde n'a retenu cette formule. Le gouvernement français ne l'a pas exclue.
![]() | Source AFP modifié le 10/10/2010 |













