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Tarifs variables pour les généralistes: une piste aux allures de casse-tête

 

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Remplacer le tarif unique de la consultation d'un généraliste par des prix variables: la piste, proposée dans un rapport à l'Elysée, semble répondre à une demande des médecins, mais sa réalisation se heurterait à de nombreux obstacles, techniques comme financiers.

 

Un médecin prend la tension d'un patient le 25 mai 2010, au Boisle, en Picardie.

Source photo : Francois Lo Presti [AFP/Archives]


"Il n'est plus possible de payer le même prix pour une consultation quelles qu'en soient la complexité et la durée": les mots de l'ex-ministre de la Santé Elisabeth Hubert, dont Nicolas Sarkozy s'est fait l'écho mercredi dans le Calvados, ont de quoi mettre du baume au coeur des généralistes.

La prise en compte de la complexité de certains actes est en effet l'une des revendications de cette profession en plein malaise

Alors que la consultation d'un généraliste est aujourd'hui à 22 euros (23 euros en 2011), Mme Hubert préconise une grille à plusieurs étages allant de la moitié de cette somme pour les actes les plus simples, jusqu'à 60, voire 70 euros pour les plus complexes.

Mais les généralistes (plus de 50.000 en France), qui sont en bas de l'échelle des revenus des médecins libéraux, ne vont-ils pas multiplier les consultations à 70 euros? L'assurance maladie "dispose des profils des médecins", répond l'ex-ministre, qui estime qu'on pourrait repérer les abus.

Pas si simple, estime cependant l'économiste de la Santé Jean de Kervasdoué, pour qui cette idée "a peu de chances d'aller très loin"

L'assurance maladie, elle, pose surtout la question du coût. "Pour équilibrer 10% de consultations qui se feraient à 60 euros, il faudrait qu'un tiers des consultations se fassent" autour de 11 euros, a évalué son directeur général, Frédéric van Roekeghem.

Or, si la CSMF, l'un des principaux syndicats de médecins libéraux, a accueilli favorablement l'idée de Mme Hubert, c'est avec un bémol sur les consultations du bas de la grille qui, selon un responsable du syndicat, ne conviendrait qu'à des consultations téléphoniques.

La construction de nouveaux tarifs se heurterait donc probablement à de difficiles négociations entre la Sécu et les médecins.

"La grille des tarifs des médecins est illisible, donc la refondre ne serait pas idiot", estime l'économiste de la Santé Claude Le Pen. "Mais si tout le monde est d'accord sur l'idée, dès qu'on entre dans le détail, ça devient plus compliqué", poursuit-il.

"On manque de paramètres objectivables pour évaluer les consultations", relève-t-il. Autre problème: avec une nouvelle grille, "certains vont gagner plus, d'autres moins, donc les syndicats n'accepteront pas que cela se fasse à enveloppe constante".

Pour Claude Leicher, président de MG France, premier syndicat chez les généralistes, des tarifs spécifiques pourraient se concevoir "sur des consultations de tabacologie par exemple".

"Mais nous proposons une solution plus structurelle qui serait d'attribuer une rémunération forfaitaire pour les médecins traitants, modulée pour encourager l'installation dans les déserts médicaux", poursuit-il.

Le forfait a aussi les faveurs des patients. "Les médecins devraient avoir une rémunération forfaitaire pour chaque patient atteint d'une pathologie chronique", estime Christian Saout, président du Ciss, collectif d'associations de patients.

Pour lui, "la consultation à tarif variable peut sembler de bon sens, mais il manque une étude de faisabilité et à terme, on peut craindre des tarifs aussi compliqués que ceux du téléphone".

Nicolas Sarkozy a d'ailleurs lui aussi mis l'accent mercredi sur le développement des forfaits, à côté de l'intangible paiement à l'acte. "On pourrait imaginer une part de rémunération forfaitaire qui finance certaines activités", a-t-il dit, indiquant qu'il prendrait des décisions en 2011.

AFPSource AFP
modifié le 06/12/2010