Tests de nouveaux médicaments: une campagne pour recruter des "cobayes" avertis
Une campagne débute mardi pour dédiaboliser les essais de médicaments, indispensables avant qu'un nouveau produit soit approuvé par les autorités sanitaires, et encourager les gens à y participer, à devenir des "cobayes" avertis.

Source photo : Pascal Pavani [AFP/Archives]
"On veut dédramatiser, dédiaboliser cette activité, les essais cliniques, qui reste un peu opaque pour nos concitoyens et leur faire connaître les enjeux, les contraintes et les risques", explique à l'AFP Vincent Diebolt, directeur du Centre national de gestion des essais de produits de santé (CeNGEPS).
Car les tests de laboratoire in vitro ou ceux effectués sur les animaux pour connaître les effets d'une molécule et ses risques toxiques ne suffisent pas. Les essais cliniques sur les humains sont donc indispensables pour obtenir le feu vert à la commercialisation de nouveaux traitements.
Or la France reste distancée par les autres pays (Etats-Unis, pays de l'Est) et loin de la moyenne européenne. Le nombre d'essais cliniques est ainsi passé en près de dix ans de plus de 1.333 en 2000 à 920 en 2009. La difficulté à recruter des volontaires est l'une des raisons de ce retard français.
Le CeNGEPS, groupement privé-public créé en 2007 et opérationnel à partir de 2008, associe des organismes publics comme l'Inserm, l'agence du médicament (Afssaps), la Fédération hospitalière de France, et l'industrie pharmaceutique. Ses comptes sont contrôlés par le ministère de la recherche.
Affiches dans les hôpitaux et cabinets de généralistes, site Internet (www.notre-recherche-clinique.fr) relayé sur Facebook, Twitter, DailyMotion...l'opération fait feu de tout bois pour expliquer, convaincre et partager les expériences. On peut y retrouver des essais en cours et découvrir comment devenir e-volontaire.
Des associations (Ligue contre le cancer, CISS) font partie du pilotage de l'opération qui a pour slogan : "la santé de demain a besoin de nous aujourd'hui. Participons à la recherche clinique!".
Sans essai clinique, aucun nouveau médicament ne peut voir le jour. Or, selon un récent sondage IFOP, un Français sur deux refuse d'y participer et "ceux qui ne s'y refusent pas ne savent pas où s'adresser et ne sont pas sollicités", dit-il.
Très encadrés, sur le plan médical et éthique, les essais concernent les malades mais aussi les personnes en bonne santé.
Les volontaires sains interviennent au cours de la phase 1 des essais, destinée à tester la tolérance du produit, afin de vérifier s'il est bien supporté par l'organisme.
Contrairement à une idée reçue, les malades ne se précipitent pas forcément.
"Les malades peuvent être moins réticents à participer à des essais, quand il n'existe pas de traitement de référence ou lorsque c'est perçu un peu comme la dernière chance, en cancérologie ou pour l'Alzheimer. Là il y a un véritable effet d'adhésion", poursuit-il.
Examen médical préalable, consentement, "indemnisation" (4.500 euros maximum par an), assurances en cas d'accident, suivi médical des participants, le site permet d'explorer les aspects pratiques du e-volontariat.
Site sur le lancement d'une campagne pour les tests de nouveaux médicaments![]() | Source AFP modifié le 28/04/2010 |













