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Tourisme médical et chirurgie esthétique : 26% sont réopérés en urgence

 

Ma santé

 

Se rendre à l'étranger pour bénéficier d'une intervention chirurgicale esthétique à un prix défiant toute concurrence, c?est tentant, mais risqué. À minima, 26% des personnes ayant bénéficié d'une intervention à l'étranger doivent se faire réopérer en urgence en raison de complications.

 

Les actes de chirurgie non remboursés par la Sécurité sociale coûtent cher. Il est logique que le patient commence à comparer les prix. Et dans certains pays étrangers, les prix sont tirés vers le bas pour attirer les clients, créant un véritable tourisme médical. Car en effet, même après avoir payé son billet d’avion, certains soins dentaires, esthétiques, orthopédiques et traitements de l’infertilité, restent concurrentiels.  

Mais qu’en est-il exactement du rapport qualité / prix, et des risques encourus ? Une étude britannique répond à ces questions. Plus de 200 chirurgiens plastiques volontaires ont accepté de recenser dans leur clientèle, les patients ayant consulté pour des complications opératoires suite à des actes de chirurgie esthétique réalisés à l’étranger. Sachant que 17.400 Anglais partent chaque année à l’étranger pour une chirurgie esthétique (augmentation ou réduction mammaire, abdominoplastie – retrait de graisse et de peau abdominale-, lifting du cou et du visage), le bilan est le suivant :
·          26% ont nécessité une réopération en urgence,
·          8% ont dû bénéficier d’un traitement antibiotique en raison d’une infection.
·          26% également n’étaient pas satisfaits des résultats obtenus, et deux tiers d’entre eux ont programmé une révision de l’acte chirurgical.

Au-delà des risques inhérents liés à des interventions réalisées à la chaîne et à un plateau technique potentiellement restreint, les patients qui se déplacent à l’étranger ne bénéficient pas de l’entretien préalable avec leur chirurgien ni du délai de réflexion visant à bien définir les indications, les objectifs, les avantages, les inconvénients et les risques éventuels de l’intervention. Enfin, les suites opératoires sont écourtées et les recours en cas de complications, mauvais résultats ou simplement d’insatisfaction, sont limités.

Tous ces aspects sont à considérer très sérieusement avant de décider d’une intervention chirurgicale à l’étranger. En pratique, on peut au minimum recommander à tout candidat au tourisme médical de rencontrer en consultation un chirurgien au préalable, avant de se déplacer à l’étranger pour l’intervention, afin de discuter du bienfondé et des risques de l’opération souhaitée.

 

Carte Blanche Santé
Auteur : ISABELLE EUSTACHE
Source : Jeevan R. et al., J. Plast. Reconstr. Aethet Surg., 2011 Feb;64(2):143-7. Epub 2010 May 11.Crédit image : © Chlorophylle - Fotolia.com