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Trop de bruits ! Vous dites ?

 

Vivre - Bien être

 

Nous vivons entourés de bruits. C’est normal. Les bruits apportent à notre oreille les informations nécessaires à notre vie quotidienne, tandis que le silence absolu est difficilement supportable. Mais l’augmentation des bruits risque de nuire à la fiabilité de nos oreilles et de mettre en péril les centres nerveux : la moto trouble le sommeil, l’autoroute perturbe les élèves de l’école toute proche, la « sono » du voisin envahit le quartier et les nuisances sonores de l’usine sont bien connues.

 

L’unité de base est le décibel, le niveau minimum du son que peut percevoir l’oreille humaine. Le bruit devient désagréable au-delà de 65 décibels, et il est considéré comme nocif à partir de 85 décibels.

129 db Bang d’un mirage III
100 à 130 db Atelier de chaudronnerie
110 db Orchestre pop rock, passage d’un train, marteau-piqueur
101 db Sirène des pompiers
100 db Cyclomoteur « gonflé », trafic routier intense, radio très forte
95 db Chantier de construction
90 à 95 db Circulation avec passage de poids lourds
70 à 75 db Restaurant bruyant, aspirateur
65 à 70 db Conversation difficile
65 db Trafic normal sur route
60 db Grands magasins
50 db Restaurant tranquille
35 à 45 db Bureau tranquille dans un quartier calme
10 à 30 db Appartement dans un quartier tranquille
10 db Silence inhabituel, au cœur du désert


Nos oreilles sont fragiles

Certaines nuisances sonores sont assez fortes pour provoquer temporairement ou de manière plus durable la fatigue auditive, premier stade de la surdité. Cette fatigue auditive est ressentie après une exposition de trois ou quatre heures à des bruits d’une intensité de 80 à 90 décibels. Les sons de fréquence aiguë sont alors mal perçus. Heureusement, la victime récupèrera, mais plus ou moins vite selon la durée d’exposition au bruit.
En revanche, si l’exposition se répète, l’atteinte subie pourra s’aggraver jusqu’à devenir irréversible.

Contrairement aux idées reçues, l’évolution de la surdité produite par un traumatisme sonore ne s’arrête pas lorsque le sujet se retire du milieu bruyant. Sa capacité auditive continuera de diminuer avec l’âge. L’oreille, organe fragile, vieillit rapidement, en général à partir de soixante ans. Mais les traumatismes auditifs peuvent accélérer ce processus de dégradation.

Par ailleurs, l’évolution ne sera pas la même pour tous, certaines personnes étant plus vulnérables aux agressions auditives. Cette fragilité peut être congénitale, liée à des otites d’enfance ou à des variations de pression (pilotes d’avion, plongeurs sous-marins).

Parallèlement aux risques de surdité, le bruit s’accompagne d’un cortège d’autres malaises, dont les plus fréquents sont une gêne ou une perte du sommeil et une diminution des facultés d’attention.

A noter

  • Le danger est nettement plus grand dans un local fermé, où les vibrations se réfléchissent, que dans un local ouvert.
  • L’accoutumance au bruit est illusoire. Tôt ou tard, celui qui prétend être habitué au bruit ressentira, en plus de la perte partielle de l’audition, de la fatigue, de l’irritabilité, des migraines. Les bruits « normaux » perdront aussi leur signification.

Le bruit, c’est les autres…

Vis-à-vis du bruit, adoptez vous-même la modération que vous souhaiteriez à votre entourage.

  • Abaissez le niveau sonore de votre chaîne hi-fi et de votre télévision.
  • Pensez qu’en voulant accroître le volume du son, vous serez amené à pratiquer une surenchère qui deviendra insupportable et nuira à votre propre oreille.
  • Evitez de vous rendre sourd en utilisant des sources sonores trop élevées ; n’abusez pas du casque hi-fi ni du « baladeur », qui en plus, en vous isolant de l’environnement, peuvent devenir dangereux comme par exemple si vous écoutez de la musique en conduisant.
  • Ne trafiquez pas votre moto ou votre cyclo pour en faire un engin pétaradant dont le vacarme ne fera plaisir qu’à vous.
  • Lorsque vous vous absentez, ne laissez pas votre chien aboyer toute la soirée dans votre jardin ou votre appartement.
  • Il est bien d’autres attitudes que vous dicteront le bon sens et le respect d’autrui, comme de ne pas claquer les portières de votre voiture la nuit, ne pas faire de bruit tard le soir ou en montant l’escalier de l’immeuble, etc.

 

Trop de bruit autour de vous… que faire ?

Les Pouvoirs publics se sont attaqués aux excès d’un mode de vie qui n’a que trop tendance à valoriser le bruit. Des mesures ont été prises pour l’isolation phonique des habitations, d’autres sont en cours pour munir les deux-roues d’un « silencieux » inamovible. On étudie également la limitation du niveau sonore de la « musique d’ambiance » dans certains grands magasins et certaines grandes surfaces.

Mais que faire si vous vous sentez continuellement agressé chez vous par des bruits excessifs ? La première démarche, la plus simple et la moins coûteuse, est d’essayer de faire entendre raison au voisin fauteur de trouble, soit oralement, soit par écrit.

Si l’affaire ne s’arrange pas à l’amiable, vous pouvez avoir recours aux autorités municipales, en vous adressant au bureau d’Hygiène. Vous pouvez également vous rendre au bureau de l’Environnement de la Préfecture ou Sous-Préfecture. Vous y recevrez des conseils sur la procédure à suivre et vous pourrez demander une enquête.

Carte Blanche Santé
Auteur : Isabelle Eustache
Sources : Fédération française des sociétés d’assurance, fiche santé