Tuberculose: nouveau test, mais il faudrait que le traitement suive, selon MSF
Médecins sans frontières se réjouit du nouveau test commercialisé contre la tuberculose, qui permet notamment d'établir le diagnostic dans un délai de deux heures et non plus jusqu'à trois mois, mais voudrait que le traitement suive.

Source photo : Stephane de Sakutin [AFP/Archives]
En préambule à la Journée mondiale de la tuberculose le 24 mars, MSF a rappelé cette semaine à la presse que la tuberculose tuait chaque année près de 1,9 million de personnes. Sur les 9 millions de nouveaux cas annuels, 450.000 souffrent d'une forme de tuberculose multi-résistante. Seulement 2% des cas multi-résistants sont diagnostiqués et traités.
Dans les 29 pays où MSF a pris en charge cette maladie, l'association a commencé à mettre en place un nouveau test, le Xpert MTB/Rif, qui "donne des résultats en deux heures", selon le Dr Francis Varaine, spécialiste de la tuberculose à MSF.
Ce test détecte la tuberculose avec une bonne sensibilité, mais aussi établit si le malade est ou non résistant à la refampicine, principal traitement antituberculeux de première ligne.
Chaque année, parmi les personnes multi-résistantes aux deux principaux antituberculiniques, il y a 150.000 décès.
"Pour tous les patients tuberculeux fragiles -stade avancé, co-infectés par le vih, enfants- le délai du diagnostic et donc la mise en route d'un traitement adapté est crucial", souligne le Dr Varaine.
Parmi les limites de ce test, il relève que le dépistage est toujours basé sur un examen du crachat, ce qui exclut tous les enfants n'ayant pas une tuberculose pulmonaire. Il nécessite deux heures d'électricité, ce qui le rend indisponible dans nombre de zones rurales, et ne renseigne que sur la résistance à la refampicine.
Le Dr Varaine relève aussi qu'un bon dépistage ne veut pas dire un bon traitement : "l'augmentation du nombre des patients atteints de tuberculose résistante mettra en évidence les lacunes des pays à les prendre en charge", a-t-il noté. "Il y a un pas en avant important pour le diagnostic", mais "il faudrait que le traitement suive".
Côté recherche et développement, les nouvelles molécules et nouveaux traitements sont d'ailleurs rares. "C'est une maladie négligée, car elle a disparu des pays riches", note le Dr Varaine.
En outre, selon Elodie Jambert, pharmacienne de cette campagne de MSF, les traitements approuvés par l'OMS sont rares, efficaces seulement à 60%, et lourds en effets secondaires. Une forte hausse des prix des traitements est attendue.
Selon l'OMS, un tiers de la population mondiale est aujourd’hui infectée (ce qui ne veut pas dire malade) par le bacille tuberculeux. L'OMS voudrait réduire de moitié, d’ici 2015, la prévalence et le nombre de décès.
![]() | Source AFP modifié le 18/03/2011 |













