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Un accident de la main toutes les 20 secondes en France

 

Ma santé

 

Un accident de la main survient toutes les 20 secondes en France, selon la Fédération européenne des services d'urgences de la main (Fesum) qui lance les "premières journées de prévention des accidents de la main".

 

La main d'un lanceur de marteau lors d'une compétition européenne le 21 juin 2007 à Annecy

Source photo : Fred Dufour [AFP/Archives]


1.400.000 accidents de la main sont à déplorer chaque année, chiffre en augmentation de 25% sur les cinq dernières années. Les deux tiers sont des accidents de la vie courante : bricolage, jardinage, sport, travaux ménagers.

"La population est de plus en plus active manuellement", constate Philippe Bellemère, président de la Fesum. Les explications sont multiples : retraite active, RTT, soucis d'économie en temps de crise, plaisir du fait soi-même...

"Tout le monde a accès à des outils à usage professionnel", poursuit-il. Avec les dangers qui vont avec, même si les grandes surfaces de bricolage proposent aujourd'hui des formations pour les utiliser en toute sécurité.

Prévenir l'accident, explique le spécialiste, c'est d'abord se "mettre dans les bonnes conditions", ne pas improviser à la va-vite, et "utiliser le bon outil pour le bon usage". Un couteau n'a pas vocation à ouvrir un pot de peinture !

Lire le mode d'emploi des machines motorisées est impératif...le respecter aussi.

Autre précaution indispensable: porter des gants adaptés à l'activité (cuir résistant pour ouvrir les huîtres, 100% coton enduit de latex pour tailler les rosiers...), à la bonne taille et aux normes.

"On ne va pas forcément éviter l'accident, mais au moins on va limiter les dégâts", souligne le Dr Bellemère. Il insiste sur l'anatomie particulière de la main, qui comporte des "éléments nobles", comme les tendons et les nerfs, juste sous la peau.

Sans surprise, les spécialistes ont constaté un caractère saisonnier des blessures, mais aussi des spécificités régionales. Sur le littoral, les couteaux à huîtres font des victimes toute l'année, ailleurs les blessures se concentrent pendant les fêtes de fin d'année.

Dans les régions boisées, les fendeuses à bûches et les scies ont la part belle.

Plus discrètes, les bagues et alliances qui s'accrochent malencontreusement sont redoutables. Surtout quand l'anneau est porté au pouce, élément essentiel de la fonction de la main.

Au travail, "les accidents majeurs sont en nette diminution", du fait d'une meilleure sécurisation des machines. Mais il y a toujours des accidents avec des outils à main, "particulièrement chez les jeunes, les apprentis, les contrats à durée déterminés", pas ou mal formés.

Que faire en cas d'accident ? "D'abord, ne pas paniquer", recommande le Dr Bellemère. "On ne meurt pas d'un accident de la main". Si ça saigne, on met un pansement ou un linge compressif et on surélève le membre. En cas de brûlure, on passe la zone atteinte sous l'eau froide.

S'il s'agit d'une blessure majeure - main en bouillie, doigts amputés...- il faut une prise en charge très rapide (idéalement dans les 6 heures pour une amputation). Si on peut, on va dans un service d'urgences de la main. Il y en a 50 aujourd'hui en France (www.fesum.fr ou 0 825 00 22 21).

En cas d'amputation, on ramasse les morceaux, et on les met dans un linge propre puis dans un sac plastique étanche (type sac congélation), lui-même placé dans un autre sac contenant des glaçons et de l'eau. La main amputée est enveloppée dans un pansement et surélevée pour limiter le saignement.

Menées avec l'aide de l'Association de prévention des accidents de la vie courante, les actions de sensibilisation de la Fesum se dérouleront jusqu'au 3 décembre 2011.

Le site de la Fesum

AFPSource AFP
modifié le 25/10/2010