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Un an après, les Agences régionales de santé sont en ordre de marche

 

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Un an après leur lancement, les Agences régionales de santé (ARS) sont en ordre de marche, certaines n'ayant pas tardé à jouer leur nouveau rôle sur le terrain des réorganisations hospitalières.

 

Roseline Bachelot, Xavier Darcos et les futurs directeurs des ARS le 30 septembre 2009 à Paris

Source photo : Miguel Medina [AFP/Archives]


La salle d'attente des Urgences Médico-Chirurgicales de l'hôpital Saint-Antoine à Paris

Source photo : Jacques Demarthon [AFP/Archives]


Le socialiste Claude Evin, directeur de l'Agence régionale de santé d'Île-de-France, le 30 septembre 2009

Source photo : Miguel Medina [AFP/Archives]


Le gouvernement doit tirer un bilan jeudi, lors d'un colloque à Marseille, de la première année d'existence de ces 26 nouveaux établissements publics, désignés comme les nouvelles clés de voûte du système de santé.

"L'étape de mise en marche est terminée, les ARS sont opérationnelles", a dit à l'AFP Emmanuelle Wargon, secrétaire générale des ministères des Affaires sociales, tout en reconnaissant qu'il reste du chemin à parcourir pour que les 9.000 agents réunis dans les ARS acquièrent une "culture commune".

Les mois écoulés ont été en partie consacrés au regroupement dans chaque région de ces effectifs venus de près d'une dizaine d'organismes, dont certains dépendant de l'Etat et d'autres de l'assurance maladie.

Pour la première fois, les ARS permettent d'avoir un pilote unique, à l'échelon régional, pour l'hôpital, la médecine de ville et le médico-social (personnes âgées, handicapées), jugés aujourd'hui trop cloisonnés.

Cette phase de rodage n'a pas empêché les agences d'endosser sans tarder leur rôle de pilote sur le terrain hospitalier, à l'image de l'ARS francilienne, dirigée par l'ancien ministre socialiste Claude Evin, emblématique du casting haut de gamme voulu par le gouvernement.

"Je n'ai pas accepté cette mission pour rester les mains dans les poches", a dit à l'AFP M. Evin, qui a fait fi des protestations pour signer par exemple la fin de la chirurgie cardiaque à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil ou enterrer le projet de création d'un nouvel hôpital à Chambourcy, dans les Yvelines.

Pour les Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, qui font pression localement pour éviter des fermetures de services hospitaliers, les ARS n'ont pas tardé à devenir la cible des critiques.

Elles "sont aujourd'hui les épées du gouvernement dans les régions, il n'y a pas de régionalisation", a estimé Michel Antony, président de la Coordination nationale de ces comités, qui fédèrent des usagers, des élus et des syndicats hostiles à la politique de santé du gouvernement.

Selon la responsable santé de la CGT, Nadine Prigent, qui s'inquiète des suppressions de postes dans les établissements hospitaliers, "il règne un certain autoritarisme dans les rapports entre les ARS et les directeurs d'hôpitaux", poussés à faire des économies.

Côté gouvernement, "ce qui est sûr, c'est qu'on est très exigeant avec les ARS", a expliqué Mme Wargon. "On leur demande d'aller vite sur des restructurations, qui pour certaines étaient prévues depuis longtemps et qui pour d'autres étaient évoquées, mais pas complètement lancées".

Outre l'hôpital, les ARS ont toutes commencé à faire un diagnostic détaillé de l'état de santé de leur région, en se penchant notamment sur l'inquiétant problème des déserts médicaux, et sur les besoins d'accueil de personnes âgées.

D'ici la fin 2011, chaque agence devrait avoir élaboré son "projet régional de santé" pour répondre à ces problématiques parfois très localisées.

"Prenez la ligne 12 du métro: entre le début et la fin, il y a un écart d'espérance de vie de quatre à cinq ans", a par exemple illustré Claude Evin, pour qui les ARS vont désormais permettre d'avoir une "approche ciblée" par territoire.

AFPSource AFP
modifié le 31/03/2011