Un appel pour développer la recherche sur le coeur et les artères des femmes
Les maladies cardiovasculaires sont huit fois plus meurtrières que le cancer du sein chez les femmes, soulignent des spécialistes en lançant un appel aux dons pour un programme de recherche sur le coeur des femmes.

Source photo : Pascal Pavani [AFP/Archives]
Considérée à tort comme l'apanage des hommes, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez les femmes. Pourtant elles restent à la portion congrue en matière d'essais thérapeutiques et de recherche.
Une femme sur trois meurt d'une maladie cardiovasculaire, contre une sur 26 d'un cancer du sein et pourtant elles sont moins bien diagnostiquées, bénéficient de moins d'examens complémentaires et sont moins bien traitées que les hommes, ont expliqué ces spécialistes.
Face à ce constat d'un "risque devenu majeur, trop ignoré des femmes et trop sous-estimé des médecins", Danièle Hermann, deux fois opérée à coeur ouvert, a décidé de lancer un appel aux dons pour mettre sur pied un programme de recherche sur le coeur des femmes, par le biais de sa Fondation (www.fondation-recherche-cardio-vasculaire.org) abritée par l'Institut de France à Paris.
"La proportion des femmes dans les essais cliniques n'est que de 30% en moyenne", souligne le professeur Alain Simon, chef du service de prévention cardiovasculaire de l'hôpital européen Georges Pompidou.
Une femme a 30% de chance en moins d'avoir une angioplastie coronaire (intervention pour déboucher une artère), relève le professeur Tabassome Simon, pharmacologue à la faculté de médecine Saint-Antoine à Paris.
Il en va de même pour certains traitements - un homme a 42% de chance en plus de se voir prescrire une statine contre l'excès de graisses sanguines - ou pour certains examens.
Diagnostic plus difficile
Aujourd'hui les femmes ont 20% de chance en moins que les hommes de se voir proposer un test d'effort et 40% en moins une angiographie. Une situation qui n'est pas sans conséquences : 55% des accidents cardiaques sont fatals chez les femmes contre 43% chez les hommes.
Quant aux médicaments étudiés chez l'homme, leurs effets peuvent différer chez la femme comme l'aspirine qui diminue le risque d'infarctus chez l'homme mais plutôt celui d'AVC (attaques cérébrales) chez la femme, note le Pr Simon.
"Si on disait aux hommes, nous allons vous donnez des médicaments testés chez des femmes mais dont on ne sait pas très bien ce que ça donnera sur vous, ce serait la révolution", lance-t-elle. Or c'est un peu ce que l'on fait en cardiologie pour les femmes.
Le mode de vie des femmes a changé et fragilisé leur coeur. Les hormones ne protègent pas les femmes de tout avant la ménopause, et notamment du tabagisme qui s'est développé chez les femmes jeunes, ajoute-t-elle.
La crise cardiaque chez la femme n'est pas toujours aisée non plus à diagnostiquer : grande fatigue, troubles digestifs (nausées...), difficultés respiratoires, sueurs, anxiété et douleurs atypiques au lieu de la douleur classique à la poitrine irradiant au bras ou à la mâchoire...
Un premier projet d'exploration des artères de 500 femmes et de biomarqueurs de risque nécessitera 100.000 euros/an pendant cinq ans pour pouvoir être lancé. A terme, une telle étude nécessitera de l'ordre de 5 millions d'euros.
La démarche de Mme Hermann est soutenue par un comité de femmes connues : Simone Veil, Hélène Carrère d’Encausse, Nicole Dassault, Catherine Ceylac, Amélie Nothomb, Clémentine Dabadie, Irène Frain, Hélène Ségara, Elisabeth Badinter, Hélène Mercier-Arnault, Line Renaud, Julie et Elizabeth Depardieu...
Site de la Fondation recherche cardio-vasculaire![]() | Source AFP modifié le 31/10/2011 |













