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Un médicament testé en France contre une forme d'hépatite gravissime

 

Ma santé

 

Permettant au foie de se régénérer, un médicament contre une forme rare d'hépatite gravissime, souvent mortelle, l'hépatite fulminante, est mis à l'essai en France, ont annoncé des chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

 

Salle de soins dans un service des Urgences à Paris, en 2008

Source photo : Martin Bureau [AFP/Archives]


L'hépatite aiguë sévère et fulminante, peut avoir une cause toxique (médicaments, champignons vénéneux, alcool, poisons...) ou infectieuse (hépatites virales) voire auto-immune (phénomène d'auto-destruction), souligne Nicolas Moniaux, l'un des chercheurs. Elle peut entraîner une défaillance du foie, souvent mortelle en l'absence de greffe de cet organe.

La protéine-médicament testée protège les cellules du foie contre de multiples agressions conduisant à leur sénescence accélérée et leur mort, et stimule la régénération du foie, même à un stade avancé de la maladie, dit-il à l'AFP.

L'essai clinique, qui regroupe une vingtaine de centres, a débuté en septembre 2010. Il inclura au total 60 patients atteints de cette forme d'hépatite gravissime. Les malades reçoivent soit un placebo (substance inactive), soit une dose du médicament, la protéine recombinante (c'est-à-dire fabriquée par génie génétique, rcHIP/PAP), injectée toutes les 12 heures pendant 3 jours.

Il y a peu de candidats-médicaments dans le monde pour cette maladie. Et à ce jour, aucun traitement n’existe contre ces formes d’hépatite, selon l'Inserm. "A l'exception toutefois d'un médicament courant (la N-acétylcystéïne), un antidote à l'intoxication massive au paracétamol lors de suicides", ajoute le Dr Jamila Faivre, qui anime avec Christian Bréchot, l'équipe qui a développé la protéine médicament HIP/PAP. Et, encore, dit-elle, dans certains cas, l'antidote ne marche pas.

Les premiers résultats de l'essai de ce médicament expérimental, dont la société de biotechnologies Alfact innovation assure la fabrication, sont attendus fin 2012.

Des expérimentations sur l'animal ont permis d'observer que des souris ayant reçu ce traitement à des stades avancés de la maladie ont présenté des taux de survie supérieurs de l’ordre de 70% à ceux observés chez leurs congénères non traitées.

Lors d'un test contre placebo chez 32 volontaires sains, des hommes âgés de 18 à 45 ans, la protéine-médicament a été bien tolérée, notent ces spécialistes dans une récente édition de la revue américaine Hepatology.

Cette petite protéine est par ailleurs produite naturellement par l'organisme.

Sa forme recombinante rétablit en quelque sorte l'équilibre entre stress oxydatif, qui favorise la destruction cellulaire, et systèmes antioxydants, qui le contrecarrent, résume le Dr Faivre.

Le déséquilibre chimique entre stress oxydatif et systèmes antioxydants, précise-t-elle, est incriminé dans le développement de nombreuses maladies (cancers, Alzheimer ou maladies cardiovasculaires), ainsi que dans le vieillissement naturel.

Le foie, qui remplit, entre autres, des fonctions de détoxification, est le seul organe à pouvoir se régénérer après un dommage (hépatite) et/ou une perte tissulaire. "Si on ôte 70% d'un foie sain, il reconstitue sa masse initiale en moins de deux semaines", explique M. Moniaux.

"Cette capacité de régénération permet la guérison spontanée de beaucoup d'hépatites aiguës, mais, devient inopérante face à un processus de destruction massif", dit-il.

Seule la transplantation hépatique permet alors d'éviter le décès des patients. Faute de greffe, la mortalité reste très élevée pour l'hépatite fulminante (de 45 à 95%, selon son origine).

AFPSource AFP
modifié le 24/01/2011