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Une agence sanitaire recommande de limiter la consommation de certains poissons d'eau douce

 

Nutrition

 

L'Anses a recommandé jeudi de limiter la consommation de certaines espèces de poissons d'eau douce comme l'anguille, le barbeau ou la carpe à "une fois tous les deux mois" pour les femmes enceintes et les enfants en raison de la capacité de ces poissons à accumuler le PCB.

 

Une barque sur une rivière

Source photo : Jeff Pachoud [AFP/Archives]


Pour le reste de la population, il est recommandé de limiter la consommation de ces espèces, globalement moins consommées que les poissons des océans, à "deux fois par mois" pour éviter tout risque pour la santé, ajoute l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) dans un communiqué.

Ces recommandations s'appuient sur les conclusions d'une étude nationale conduite auprès de consommateurs de poissons d'eau douce pour évaluer leur "imprégnation" en polychlorobiphényles (ou PCB), des substances chimiques également connues sous le nom de pyralènes pouvant avoir des conséquences pour la santé (fertilité, croissance, cancers).

Cette étude a porté sur 606 pêcheurs amateurs ou membres de leur foyer et 16 pêcheurs professionnels dans différentes zones, "quatre contaminées (Seine, Somme, Rhône et Rhin) et deux non contaminées (Loire et Garonne", a précisé la Fédération nationale de la pêche en France (FNPF), qui a collaboré à l'étude.

"Pour chaque participant (à l'étude), les habitudes alimentaires, ainsi que les pratiques de pêche et de consommation des poissons d'eau douce ont été recueillies. En parallèle, un prélèvement sanguin a été réalisé afin de déterminer le niveau d'imprégnation aux PCB", détaille l'Anses.

L'étude a mis en évidence que la consommation des espèces concentrant les PCB -- anguilles, barbeaux, brèmes, carpes, silures -- provoquait une "augmentation de l'imprégnation en PCB" des sujets.

Cependant, "très peu de participants dépassent le seuil d'imprégnation critique", note l'Anses, soulignant que les taux constatés "sont similaires à ceux observés dans la population générale" et sont "inférieurs à ceux de la population française des années 80 lorsque les PCB ont été interdits".

L'étude, lancée en 2008, a également montré que le niveau de consommation des poissons d'eau douce est faible, "en moyenne une fois par mois chez les pêcheurs amateurs", en particulier pour les poissons concernés (environ 2,5 fois par an).

La FNPF a fait part de son "soulagement" face aux résultats.

L'Anses estime néanmoins que la "fréquence de consommation maximale" de ces espèces particulières ne devrait pas dépasser une fois tous les deux mois pour "les femmes en âge de procréer, enceintes ou allaitantes, ainsi que les enfants de moins de 3 ans, les fillettes et les adolescentes".

Interdits depuis 1987, les PCB restent présents dans l'environnement, et notamment dans les rivières.

AFPSource AFP
modifié le 20/01/2012