Une ourse polaire tuée par un virus de zèbre dans un zoo allemand
Une ourse polaire hébergée dans un zoo allemand est morte d'encéphalite après avoir été infectée par un virus mutant provenant des zèbres, ont révélé des chercheurs.

Source photo : Maxim Marmur [AFP/Archives]
Une découverte préoccupante car elle montre que les espèces rares conservées dans les zoos peuvent être menacées par des agents pathogènes passant sans prévenir d'une espèce à une autre, estiment ces scientifiques, qui publient leurs travaux dans la revue Current Biology.
Leur étude a été déclenchée par la mort, en 2010, d'une ourse nommée Jerka au zoo de Wuppertal (ouest de l'Allemagne), des suites d'une encéphalite. Son compagnon mâle, Lars, avait lui aussi contracté cette grave infection, mais avait survécu de justesse.
"Les symptômes étaient très choquants, et à l'époque on ignorait complètement ce qui pouvait en être la cause", explique Arne Lawrenz, vétérinaire au zoo de Wuppertal, dans un communiqué.
"Nous avons essayé de stabiliser l'état des deux animaux pendant des jours. Dans le cas de Jerka, malheureusement, nous avons échoué. Mais Lars, qui s'est rétabli au bout de quelques semaines, est toujours en vie à l'heure actuelle".
Le coupable est un virus hybride provenant à l'origine des zèbres mais qui s'est ensuite attaqué à d'autres espèces. Il s'agit d'un mélange d'herpesvirus équin EHV 9 et d'un de ses cousins, l'herpesvirus équin EHV 1.
Les scientifiques l'ont identifié mais ignorent en revanche toujours comment il a pu se propager jusqu'aux ours polaires, hébergés à 68 mètres de distance des zèbres et dont les soins sont assurés par des personnes différentes.
L'une des explications possibles est que d'autres animaux, peut-être des souris ou des rats, aient joué le rôle de vecteur.
"Ces virus ne semblent pas respecter la barrière des espèces, et en fait, on ne sait même pas s'ils en ont une", déclare Klaus Osterrieder, professeur à l'Université libre de Berlin, qui a contribué à l'étude.
"L'une des énigmes à résoudre, c'est de découvrir comment ces virus se propagent d'une espèce à une autre, sachant qu'ils ne sont pas particulièrement stables dans l'environnement", souligne-t-il.
![]() | Source AFP modifié le 20/08/2012 |









