Une première année commune pour les études de médecine, pharmacie, dentaire, sage-femme
Un tronc commun aux filières santé avec des concours distincts: à la rentrée, la première année de médecine, pharmacie, dentaire, sage-femme est réformée pour lutter contre le fort taux d'échec dans ces filières, un dispositif peut-être pas suffisant, selon certains acteurs concernés.

Source photo : Eric Estrade [AFP/Archives]
Pour les quelque 60.000 étudiants en médecine et pharmacie inscrits ces dernières années, le taux d'échec est de 80% en médecine et 70% en pharmacie.
Pour lutter contre ce "gâchis humain", le gouvernement a mis en place une "Première année commune des études de santé" (PACES).
Dès cette rentrée, les étudiants en médecine, dentaire, sage-femme et pharmacie vont avoir une année commune sanctionnée par quatre concours différents, au lieu d'un concours unique pour les trois premiers et un distinct seulement pour le dernier.
Jusqu'à présent, le classement en fin d'année ne permettait qu'aux étudiants les mieux placés au concours de pouvoir choisir leur filière. Désormais, ils pourront choisir de passer le ou les concours qu'ils souhaitent.
Le contenu des enseignements est modifié avec un tronc commun au premier semestre, lors duquel sera dispensée la formation scientifique nécessaire aux quatre filières.
Au début du second semestre, les étudiants choisiront les concours qu'ils souhaitent passer et recevront des enseignements plus spécifiques. Les disciplines du tronc commun auront des coefficients différents selon la filière choisie.
A la rentrée prochaine, et, au plus tard en 2012, les étudiants qui obtiendront moins de 5/20 aux épreuves de janvier et qui n'auront aucune chance de réussir, même après un redoublement, pourront se réorienter, en licence scientifique ou non, afin de ne pas perdre un an.
En outre, le redoublement ne sera autorisé qu'en fonction du rang obtenu par l'étudiant.
Par ailleurs, des passerelles permettront à des étudiants d'autres filières (après un diplôme d'école de commerce, d'instituts d'études politiques, d'ingénieur, vétérinaire, sage-femme, infirmière etc) d'intégrer les études de santé en deuxième ou troisième année.
Autre nouveauté, un "droit au remords" sera institué: par exemple un étudiant en 3e année de médecine qui aurait aussi été reçu en dentaire en fin de 1ère année et qui regretterait d'avoir choisi médecine pourra exercer ce droit et s'orienter vers le dentaire dès sa troisième année.
Ces mesures suffiront-elles? L'Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) relève que la réforme ne touche pas au numerus clausus, c'est à dire au nombre de places offertes pour passer en 2e année, fixées par le gouvernement.
7.403 places étaient offertes en 2009-2010 en médecine (8.000 sont prévues pour 2011), 3.090 en pharmacie, 1.154 en dentaire et 1.016 en sage-femme.
"Oui, il y a toujours le numerus clausus", a affirmé à l'AFP Yvon Berland, président de Aix-Marseille II, mais la réforme "devrait surtout permettre de diminuer le temps perdu en première année pour les étudiants qui ne passent pas la barre".
"C'est une avancée", a assuré le doyen de la fac de médecine de Paris-Descartes, Patrick Berche, "mais ce n'est pas la panacée". "Une vraie réforme, ce serait de faire une présélection sur dossier et entretien, à l'entrée en première année".
Une autre question n'est pas "résolue" par la réforme, celle des "reçus-collés", ces étudiants qui ont 10/20 et plus mais ne sont pas reçus au concours, a estimé Lionel Collet, président de la la Conférence des présidents d'université.
![]() | Source AFP modifié le 14/09/2010 |













