Une technique d'imagerie douce pour voir le squelette autrement
Une société française a mis au point, grâce aux travaux du Prix Nobel de physique Georges Charpak, un nouveau système d'imagerie orthopédique qui permet d'obtenir des clichés en trois dimensions d'un patient debout, avec une dose de radiation fortement réduite.

Source photo : afp.com
Le système Eos de la société biospace med, présenté mardi à la presse, est "une révolution" dans la prise en charge des pathologies ostéo-articulaires, ont estimé des spécialistes.
Il permet de réaliser, simultanément, un cliché de face et un cliché de profil, et, grâce à un logiciel intégré, de reconstruire une image en trois dimensions, que seul le scanner permettait jusqu'alors d'obtenir. Cela avec une dose de rayons X administrée proche de l'exposition aux radiations naturelles : inférieure de 85% à la radiologie conventionnelle et 400 à 800 fois moindre qu'avec un scanner, a indiqué Marie Meynadier, présidente de biospace med.
Technique d'"imagerie douce", Eos n'a pas vocation à remplacer le scanner, dont les dernières générations sont elles aussi plus économes en rayons X, mais est particulièrement intéressant en pédiatrie.
La sensibilité des enfants aux radiations ionisantes est en effet supérieure à celle des adultes... et ils ont toute une vie devant eux. D'autant que certaines pathologies du squelette, comme la scoliose, nécessitent des clichés répétés, a expliqué Nathalie Boutry, radiologue pédiatrique au CHRU de Lille.
Chez l'adulte, cette technique peu irradiante est aussi appréciable pour le suivi de pathologies chroniques, comme les problèmes de colonne vertébrale.
L'analyse de la "posture globale" fournie par l'image du corps entier permet au médecin de mieux appréhender les relations entre les différentes parties du squelette (rachis, bassin, genoux), a indiqué Anne Cotten, radiologue spécialisée dans les pathologies ostéoarticulaires (CHRU de Lille).
Les articulations "s'enchaînent", a ajouté Eric Stindel, chirurgien orthopédiste au CHU de Brest, soulignant l'innovation des images en 3D en position debout ou assise. Elles permettent des "mesures précises avant la chirurgie", par exemple pour la pose de prothèses de hanche où l'ajustement doit se faire quasiment au millimètre.
Depuis sa mise sur le marché fin 2007, le système Eos, d'un coût de l'ordre de 600.000 euros, a été livré dans une vingtaine de centres publics et privés en Europe et en Amérique du Nord. En France, il est implanté sur 9 sites, dont le CHU de Brest et le CHRU de Lille, récemment.
![]() | Source AFP modifié le 12/03/2010 |













