"Urgent" d'ouvrir des salles d'injection de drogue, selon le Nobel Baré-Sinoussi
Le professeur Françoise Baré-Sinoussi, prix Nobel de médecine 2008, co-signe mardi une tribune dans le Monde dont les auteurs jugent "urgent d'ouvrir des centres d'injection supervisée de drogues".

Source photo : Martin Bureau [AFP/Archives]
Début août, le Premier ministre François Fillon avait jugé que les "salles de shoot" n'étaient "ni utiles, ni souhaitables".
"Nous nous inquiétons de ces propos, qui sont en complète contradiction avec la loi de santé de 2004, et avec la notion d'un accompagnement gradué (...) qui n'oppose plus prévention, soin et réduction des risques", déclarent Mme Baré-Sinoussi, le coprésident d'Act Up Paris, Pierre Chappard, et Jean-Pierre Couteron, président de l'Association nationale des Intervenants en Toxicomanie et en Addictologie.
"Considérer la diminution de la toxicomanie comme seul élément d'évaluation de la politique de santé", comme le fait le gouvernement, "est dangereux pour les usagers, coûteux pour les finances de l'Etat et méprisant pour les professionnels de santé", martèlent les auteurs de la tribune.
"La réduction de la consommation de drogues (...) doit être associée à d'autres objectifs (réduire la mortalité, la morbidité, augmenter la qualité de la vie, l'accès aux soins spécifiques et généraux, lutter contre l'exclusion)", ajoutent-ils.
Les centre de consommation de drogue "ne sont ni une panacée, ni un outil de banalisation de l'usage, mais à l'heure où l'injection de cocaïne et de médicaments augmente dans les grandes villes", ils permettraient un "accès au dispositif de soins et d'accompagnement pour ces usagers à hauts risques et très précarisés", selon le texte.
Vendredi, des élus locaux de droite, de gauche et centristes avaient demandé que l'Etat adopte les mesures juridiques permettant l'ouverture, "au moins à titre expérimental", de ces centres.
![]() | Source AFP modifié le 29/09/2010 |













