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USA: incertitude pour la recherche publique sur les cellules embryonnaires

 

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La décision lundi d'un juge américain de bloquer les financements fédéraux pour les travaux utilisant des cellules souches embryonnaires plonge dans l'incertitude ce domaine de recherche prometteur mais controversé, déploraient mardi des chercheurs privés.

 

Colonie de cellules souches embryonnaires depuis un microscope de l'Université du Wisconsin à Madison, le 10 mars 2009

Source photo : Darren Hauck [AFP/Getty Images/Archives]


Le ministère américain de la Justice a annoncé mardi son intention de faire appel de cette décision et de demander la suspension de son application le temps que la cour d'appel se prononce.

Le porte-parole adjoint de la Maison Blanche, Bill Burton a rappelé pendant un point-presse que le président Barack Obama avait "dit très clairement qu'il s'agissait d'une recherche importante, de nature à sauver des vies".

"Cette décision peut sérieusement affecter l'un des domaines de recherche biomédicale les plus prometteurs", a déploré mardi le directeur des Instituts nationaux de la santé (NIH), Francis Collins.

"Ceci va au-delà de la politique: il s'agit de ce qui peut être fait pour combattre le plus efficacement des maladies et améliorer la santé du public", a-t-il ajouté lors d'un point presse, disant être "stupéfait" de cette décision.

Pour le Dr Kurt Civin, directeur du Centre de biologie des cellules souches à l'Université du Maryland (est), il s'agit d'"un sérieux revers et une politisation idiote" de la recherche sur les cellules souches embryonnaires dont le potentiel médical est énorme.

Ces cellules ont la capacité de devenir n'importe quelle cellule de l'organisme avec un meilleur potentiel pour réparer des organes malades que celui des cellules souches adultes, selon les chercheurs.

"Aujourd'hui nous sommes totalement désorientés", a-t-il expliqué à l'AFP, ajoutant que dans le meilleur des cas "c'est un retour à ce qui prévalait sous la directive Bush" qui n'autorisait le financement fédéral que pour les recherches portant sur 21 lignées de cellules souches embryonnaires humaines approuvées précédemment.

Mais, s'est-il inquiété: "il semblerait que nous allons devoir mettre un grand nombre de recherches (en cours) dans le freezer".

Moins pessimiste, William Caldwell, PDG de la firme de biotechnologie Advanced Cell Technology, à Worcester (Massachusetts, nord-est), pense que le Congrès, dont une grande majorité de membres est favorable à la recherche sur ces cellules souches, "finira par régler cette question".

"Il y existe un fort sentiment favorable, chez les républicains comme les démocrates, en faveur du développement des cellules souches embryonnaires", a-t-il dit à l'AFP, tablant sur un vote qui reviendrait sur l'amendement Dickey-Wicker sur lequel est basée la décision du juge fédéral.

Tout en déplorant cette décision qu'il a qualifiée de "revers pour le secteur de la biotechnologie", William Caldwell, a affirmé que cela "n'affecterait pas ses programmes" puisqu'elle ne concerne pas le secteur privé.

Si les financements des NIH jouent un rôle clé dans la recherche fondamentale, il existe d'autres sources de financement aux Etats-Unis pour les travaux sur les cellules souches embryonnaires, a-t-il rappelé, citant comme exemple l'Institut californien de médecine régénératrice.

William Caldwell a aussi fait valoir que sa firme avait mis au point une technique brevetée, permettant de prélever une seule cellule sur les quatre à huit que peut compter un embryon, sans le détruire. Une seule cellule suffit pour cultiver une lignée, a-t-il précisé.

Cet industriel a dit que sa firme travaillait sur 20 à 30 lignées et que le secteur privé avait accès à jusqu'à 400 lignées dans le monde.

Les NIH en avaient déjà attribué une cinquantaine pour la recherche fédérale.

AFPSource AFP
modifié le 26/08/2010