Vaincre les réticences au dépistage organisé du cancer du sein
Manque de temps, peur des résultats... Une campagne nationale en faveur du dépistage organisé du cancer du sein s'attaque aux réticences des femmes et associe pour la première fois leurs proches.

Source photo : Philippe Huguen [AFP/Archives]
Octobre rose: mois de la lutte contre le cancer du sein. Durée 01:40

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En ce mois dédié au cancer du sein, elle vise "spécifiquement les femmes réticentes" au dépistage organisé, en opposant des arguments "rationnels" à leurs hésitations ou interrogations, a expliqué jeudi à la presse le président de l'Institut national du cancer (INCa), Dominique Maraninchi.
Quatorze "freins" ont ainsi identifiés.
Peur des résultats ? "On devrait avoir peur du cancer, et pas du diagnostic", a souligné la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.
Manque de temps ? C'est au contraire du temps gagné contre la maladie, a-t-elle argumenté.
"Recourir au dépistage, c'est augmenter ses chances de vivre plus longtemps en bonne santé", a déclaré la ministre. "Détecté à un stade précoce, le cancer du sein peut être guéri dans 90% des cas", a-t-elle souligné.
Avec plus de 52.000 nouveaux cas estimés en 2010 en France, le cancer du sein est le plus fréquent des cancers chez la femme. Une femme sur 10 est concernée. Il reste également, avec plus de 11.000 décès estimés en 2010, le plus meurtrier des cancers féminins.
Si plus d'une femme sur deux, entre 50 et 74 ans, participe au programme de dépistage organisé (53% en 2009), la progression a tendance à ralentir et reste inférieure à la référence européenne (70%).
Le programme rencontre également de fortes disparités régionales, la Haute-Vienne remportant la palme de la participation, tandis que l'Ile-de-France a les résultats les plus mauvais (25,56% à Paris).
Généralistes et gynécologues "doivent pousser à la roue", a martelé pour le Collège national des gynécologues le Pr Jacques Lansac. "Ils doivent faire comprendre que le dépistage organisé c'est mieux que le dépistage individuel".
Contrôle des machines, contrôle des radiologues, et surtout double lecture de la mammographie figurent au nombre des arguments en faveur du dépistage organisé.
80.000 cancers du sein ont été découverts grâce au dépistage organisé, dont 5.000 par la deuxième lecture, a précisé le Pr Maraninchi.
Pour la 1ère fois, la campagne du ministère de la Santé s'adresse directement, par voie d'affichage, aux proches des femmes concernées par le dépistage, pour les inciter à sensibiliser leur mère, tante, épouse ou amie.
"L'incitation au dépistage est un message d'amour et le dépistage est un message de vie", a commenté Mme Bachelot.
Outre l'affichage, la campagne nationale passe par des spots radios et un module internet hébergé sur le site www.e-cancer.fr. Pendant le mois d'octobre, ce module donne également accès à un gynécologue qui répond par courrier électronique aux questions que se posent les femmes sur le cancer du sein et son dépistage.
On peut aussi y envoyer un mail ou un SMS pour encourager les femmes de son entourage à se faire dépister. Plus de 13.000 messages avaient déjà été envoyés jeudi.
Le dépistage organisé consiste à proposer gratuitement, par le biais d'un courrier, tous les deux ans, une mammographie aux femmes de 50 à 74 ans.
"Y aller une fois, ça ne suffit pas. Il faut y retourner régulièrement !", a souligné la directrice adjointe de la Santé, Sophie Delaporte.
![]() | Source AFP modifié le 09/10/2010 |













