Var touché par le chikungunya: "pas de crise sanitaire" selon les autorités
Les autorités du Var se sont voulues lundi rassurantes après la confirmation de deux cas non importés de chikungunya dans le département ce week-end, estimant qu'on ne pouvait parler de "crise sanitaire", tout en passant en niveau de vigilance 3.

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Un moustique-tigre

Source photo : Thierry Roux [AFP/Archives]
"La situation ne s'est pas dégradée depuis ce week-end, aucun autre cas n'a été déclaré, nous ne sommes pas dans une crise sanitaire", a affirmé le préfet du Var, Hugues Parant, lors d'une conférence de presse à Toulon.
Selon le préfet, les autorités sanitaires ont "clairement identifié le foyer" d'origine du virus - une fillette de sept ans rentrée le 30 août d'Asie - qui "a été, semble-t-il, circonscrit".
Cette fillette, résidant à Fréjus, a été soignée et "vit à présent une vie tout à fait normale", a précisé le préfet. Quant aux deux amies de 12 ans, infectées de façon "autochtone" par le moustique-tigre, vecteur du virus, "elles sont traitées chez elles et leur état n'inspire pas d'inquiétude".
"La mauvaise surprise pourrait venir (...) de l'émergence d'un deuxième foyer", a ajouté M. Parant, en annonçant que le niveau trois (sur une échelle de cinq) de vigilance avait été activé lundi dans le Var.
Ce niveau implique notamment la "mobilisation des autorités aéroportuaires", et donc de l'aéroport d'Hyères, et l'information systématique des passagers en provenance des zones touchées.
C'est la première fois en France métropolitaine que le virus est transmis localement par l'"aedes albopictus" qui, après avoir piqué une personne infectée, peut en contaminer une autre en la piquant à son tour.
L'ensemble des lieux fréquentés par ces fillettes "a été ou sera traité" lors d'opérations menées par l'Entente interdépartementale de démoustication (EID), sachant que les deux seuls moyens d'action sont "l'éradication des larves" et la "détection des personnes infectées", a rappelé le préfet.
Les symptômes de la dengue ou du chikungunya sont les mêmes que ceux de la grippe: une fièvre supérieure à 38,5 degrés, des courbatures, des douleurs aux articulations, des manifestations hémorragiques ou des maux de tête. Il n'existe pas de traitement curatif ni de vaccin, seuls les symptômes étant traités.
Si c'est la première année que de tels cas sont repérés en métropole, le moustique-tigre est présent dans le Sud-Est depuis de nombreuses années.
"En Italie, il est implanté depuis 1990. Il a réussi à coloniser presque tout le pays, qui a connu ses premiers cas de chikungunya en 2007", a rappelé Yvon Perrin, coordinateur national pour la surveillance du moustique-tigre à l'EID.
Etant donné le "modèle climatique" de la France, une bonne partie du territoire pourrait à terme héberger le moustique-tigre, seules les régions régulièrement sous les dix degrés pouvant être épargnées, selon M. Perrin.
Il faut donc s'attendre à ce que la "progression vers l'ouest" constatée ces derniers mois (le moustique-tigre a été identifié à Marseille fin 2009) se poursuive, selon Didier Moulis, directeur technique à l'EID, même si la chance de la France est que "l'aedes albopictus" adulte soit éradiqué durant l'hiver.
"Il reste un mois environ à risque", a précisé M. Moulis, après quoi, de novembre à avril, seules les larves pourront survivre.
![]() | Source AFP modifié le 28/09/2010 |













