Variole: les membres de l'OMS reportent une décision sur la destruction des stocks
Les 193 Etats membres de l'OMS ont décidé mardi de reporter une nouvelle fois leurs discussions sur la destruction des échantillons restants du virus de la variole, devenue une "arlésienne" après plusieurs décennies de pourparlers avortés.

Source photo : CDC/AFP
Les pays restent divisés sur la nécessité de fixer plus ou moins rapidement une échéance à cette destruction, Washington et Moscou prônant la conservation des stocks pour des raisons scientifiques.
Après deux jours de débats houleux, les négociateurs du comité A réunis à l'occasion de la 64e Assemblée générale de l'Organisation mondiale de la santé, ont convenu de reprendre leurs discussions en 2014, lors de la 67ème Assemblée.
La nécessité de détruire les derniers stocks officiels du virus conservés dans deux laboratoires américain et russe, à Altanta et Novossibirsk, a été reconnue de longue date par les Etats membres de l'OMS qui travaillent sur la question depuis 1986.
Mais depuis, aucune échéance n'a pu être déterminée.
La Russie et les Etats-Unis, détenteurs des stocks, sont jusqu'à présent parvenus à convaincre les membres de l'OMS de la nécessité de poursuivre les recherches sur les vaccins afin d'être mieux préparés à une éventuelle résurgence de la maladie infectieuse officiellement éradiquée en 1980.
Ils craignent notamment que des pays n'aient conservé secrètement le virus qui pourrait être utilisé comme une arme biologique redoutable.
Dans l'espoir d'accélérer le mouvement, l'Assemblée de l'OMS avait malgré tout décidé en 2007 de lancer une enquête sur les résultats des recherches scientifiques menées dont les conclusions devaient permettre de "parvenir à un consensus mondial sur la date de destruction des stocks de virus variolique existants" en 2011.
Cet objectif n'a pu être atteint.
De fait, le projet de résolution soumis lundi aux membres de l'agence onusienne par Moscou et Washington, soutenus notamment par l'Union européenne, proposait de continuer à conserver ces échantillons et de rediscuter dans cinq ans d'une date pour leur destruction définitive.
Ces perspectives ont provoqué la colère de nombreux membres, dont l'Iran, la Thaïlande, le Zimbabwe, la Malaisie, estimant qu'il n'y avait plus de raisons scientifiques d'attendre.
Face à ces oppositions, un groupe de travail a planché lundi pour tenter de définir un document plus consensuel. Sans y parvenir.
Après de nouvelles discussions "difficiles" mardi matin, les pays membres de l'OMS sont finalement pratiquement revenus à la case départ, les opposants à la résolution gagnant juste deux ans.
Dans le document adopté, ils conviennent qu'il faudra trouver un consensus sur une nouvelle date "quand des recherches cruciales auront été passées en revue". "En fonction cette étude, il pourra y avoir une discussion sur l'échéance de la destruction des stocks", explique-t-il.
Lors d'un point de presse, un expert de l'OMS, Pierre Formenty, a soutenu cette position, relevant que les chercheurs avaient besoin de temps pour soumetttre aux derniers tests la nouvelle génération de vaccins, plus efficace.
Déçues, les ONG ont dénoncé la politisation d'une question sanitaire illustrant surtout les craintes que Moscou et Washington gardent l'un de l'autre.
Elles rejettent également l'argument scientifique, rappelant que le vaccin de la variole est fabriqué à partir d'un virus proche mais moins sévère, le vaccinia.
![]() | Source AFP modifié le 25/05/2011 |













