Accueil > Mag Santé > Ma santé > Virus H1N1: l'OMS blanchie des soupçons de conflits d'intérêts

Virus H1N1: l'OMS blanchie des soupçons de conflits d'intérêts

 

Ma santé

 

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), soupçonnée d'avoir été influencée par les industriels de la pharmacie dans sa gestion de la grippe H1N1, est sortie blanchie d'un rapport d'experts adopté vendredi par ses Etats membres, qui relève néanmoins "quelques carences".

 

La directrice-générale de l'OMS Margaret Chan, le 16 mai 2011 à Genève

Source photo : Fabrice Coffrini [AFP/Archives]


Une femme se fait vacciner contre la grippe H1N1, le 13 janvier 2011 à Washington

Source photo : Jewel Samad [AFP/Archives]


Le rapport émet par ailleurs une quinzaine de recommandations pour une meilleure préparation face à d'éventuelles pandémies.

Le comité d'experts, auteur du rapport, avait été créé début 2010 par l'OMS en réponse aux critiques sur sa gestion du H1N1. Le virus avait provoqué un vent de panique dans le monde et la production massive de médicaments dont beaucoup sont restés sur les bras des gouvernements.

Vendredi, les 193 Etats membres de l'OMS, réunis pour leur 64e assemblée annuelle, ont adopté une résolution recommandant de suivre les conclusions du rapport, dont une version préliminaire avait été présentée en mars.

Ses auteurs indiquent n'avoir "trouvé aucun élément montrant que des intérêts commerciaux auraient influé ou tenté d'influer sur les conseils donnés à l'OMS ou sur les décisions qu'elle a prises".

"Certains ont accusé l’OMS de s’être hâtée d’annoncer la phase 6 (phase de pandémie, ndlr) en laissant entendre que cela avait pour but d’enrichir les fabricants de vaccins en déclenchant (...) l’exécution des accords d’achat à terme passés par certains d’entre eux", rapporte ainsi le comité.

Mais "bien loin de hâter la déclaration de la phase 6, l’OMS l’a retardée jusqu’à avoir des données attestant de façon indéniable la propagation prolongée au sein de la communauté dans différentes régions du monde", fait-il valoir.

Le comité estime aussi qu'"à de nombreux égards, l’OMS s’est bien acquittée de sa tâche pendant la pandémie, mais s’est heurtée à des difficultés systémiques et a montré quelques carences".

Il critique ainsi "l’absence de procédures suffisamment solides, systématiques et transparentes pour révéler, reconnaître et gérer les conflits d’intérêts parmi les experts consultés".

Concernant l'avenir, les experts considèrent que "le monde est mal préparé pour faire face à une grave pandémie de grippe ou à toute autre urgence de santé publique mondiale prolongée et constituant une menace".

Le comité a fait ainsi une quinzaine de recommandations qui prévoient que la "préparation à l’échelle mondiale" soit "améliorée par la recherche, le renforcement des systèmes de prestation de soins de santé, le développement économique dans les pays à revenu faible et intermédiaire et l’amélioration de l’état de santé général".

Il suggère aussi de "créer un fonds de réserve pour les urgences de santé publique", "doté d’un minimum de 100 millions de dollars (70,2 millions d'euros)".

La résolution adoptée vendredi demande enfin au directeur général de refaire le point dans deux ans, lors de la 66e assemblée annuelle de l'agence basée à Genève.

AFPSource AFP
modifié le 24/05/2011