Xavier Bertrand consulte les médecins libéraux et veut passer rapidement à l'acte
Le ministre de la Santé Xavier Bertrand a déclaré jeudi qu'il voulait faire "simple et vite" pour revaloriser la médecine de proximité après des réunions de concertation jeudi avec des professionnels de la santé dont les syndicats de médecins libéraux.

Source photo : Kenzo Tribouillard [AFP/archives]
Alors que la démographie médicale libérale souffre d'une mauvaise répartition géographique et d'une moyenne d'âge élevée des praticiens, laissant présager des départs massifs à la retraite dans les dix prochaines années, le gouvernement entend s'appuyer sur les propositions du rapport de l'ex-ministre de la Santé Elisabeth Hubert, remis fin novembre à l'Elysée.
"Un rapport comme celui-ci n'est pas fait pour rester dans les tiroirs, il est fait pour être mis en oeuvre", a déclaré M. Bertrand, au cours d'une conférence de presse à l'issue de la concertation.
"L'enjeu, c'est que les Français puissent trouver des professionnels de santé, des médecins", près de chez eux, a-t-il poursuivi, tout en ajoutant que cela passait notamment par "la confiance renouée" avec ces professionnels, une allusion à la grogne des médecins libéraux, ponctuelle à l'égard du précédent ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, et récurrente vis-à-vis des contraintes imposées par l'Assurance maladie.
"L'idée, c'est de jouer la carte de la concertation, de faire simple et de faire vite", a dit le ministre qui a annoncé une nouvelle réunion à la fin du mois sur la "simplification" administrative, une autre début février sur la démographie médicale.
Un des moyens préconisés par le gouvernement pour lutter contre la désertification médicale est la création de maisons de santé pluridisciplinaires, les jeunes médecins, notamment les femmes, refusant de plus en plus d'exercer de façon isolée.
Un statut juridique spécifique de société interprofessionnelle ambulatoire (SIA) va être rapidement mis en place une fois votée au Parlement une proposition de loi du sénateur UMP et ancien ministre Jean-Pierre Fourcade.
Cette loi aura pour objet aussi de revenir sur certaines mesures contraignantes pour les praticiens contenues dans la loi Bachelot de 2009, notamment l'obligation de déclarer les congés deux mois à l'avance et d'aller faire des consultations dans des zones manquant de praticiens, sous peine de pénalités financières.
A propos d'une autre contrainte irritant les médecins, celle d'une taxe en cas de télétransmissions insuffisantes, en vue de faire disparaître progressivement les feuilles de soins papier dont la gestion est coûteuse pour la Sécu, M. Bertrand a promis une application souple.
Il a demandé à l'Assurance maladie de faire le point chaque trimestre et de lancer une campagne d'information auprès des assurés pour qu'ils n'oublient pas leur carte vitale en allant chez le médecin.
Si les responsables syndicaux se sont félicités de la volonté gouvernementale d'agir vite sur certains aspects, la puissante CSMF (généralistes et spécialistes) a fait part de ses inquiétudes sur la signature rapide d'une prochaine convention entre les organisations représentatives et la Sécu. Or cette convention encadre des questions importantes comme la revalorisation de la rémunération des médecins.
Le rapport Hubert suggère des consultations plus chères en fonction du temps passé par le praticien.
Si la convention prend du retard, "les médecins devront attendre 2012 pour percevoir les effets des mesures positives qui pourront être adoptées", a déploré la CSMF dans un communiqué, y voyant "un chantage électoral inacceptable sur les médecins libéraux dans la perspective des élections présidentielles".
![]() | Source AFP modifié le 07/01/2011 |













