Amiante dans les écoles: "protégez nos enfants" demandent des manifestants

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Amiante dans les écoles: "protégez nos enfants" demandent des manifestants

Le vendredi 12 octobre 2018 à 19:07 manifestation santé maladie btp construction bâtiment matériaux

Amiante dans les écoles: "protégez nos enfants" demandent des manifestants

Près de 1.000 personnes défilent derrière le président de l'ANDEVA Alain Bobbio, à Paris le 12 octobre 2018
Près de 1.000 personnes défilent derrière le président de l'ANDEVA Alain Bobbio, à Paris le 12 octobre 2018

"Amiante à l'école, nos enfants en danger": un cortège d'environ 1.000 personnes selon la préfecture de police a manifesté derrière cette banderole vendredi à Paris en scandant notamment "protégez nos enfants".

Défilant à l'appel de l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva) qui organisait sa quatorzième manifestation nationale, les manifestants, équipés de poussettes et de poupons en plastique, ont alerté les autorités sur le "danger" des "écoles amiantées".

"Un tiers des écoles primaires n'ont pas fait de diagnostic amiante", a souligné en tête du défilé Alain Bobbio, président de l'Andeva.

Il demande "l'éradication pure et simple" de cette fibre cancérogène interdite dans les nouvelles constructions depuis 1997: "Les demi-mesures, le bricolage, ce n'est pas avec ça qu'on avance", balaie-t-il en pointant les limites des techniques de "recouvrement" des dalles d'amiante.

La grande majorité des établissements scolaires ont au moins un bâtiment construit avant son interdiction, comme le lycée Georges-Brassens de Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne), où les professeurs font valoir depuis une semaine leur droit de retrait pour des soupçons de contaminations de salles à l'amiante.

Une poignée d'élèves et plusieurs enseignants de l'établissement ont défilé aux côtés des victimes et malades de l'amiante.

"Ça nous touche directement", explique Yanis, 17 ans et élève de terminal dans ce lycée.

Tatiana Paillotin, professeure de lettres à Georges-Brassens, juge "incroyable qu'aujourd'hui encore il y ait des lycées chargés d'amiante et qu'on laisse des gamins y rentrer, des personnels d'entretien y travailler".

"Ça concerne des générations: les élèves d'aujourd'hui mais aussi tous ceux qui sont passés par ces écoles", abonde Laurent, 55 ans et ancien soudeur opéré il y a trois ans d'un cancer du poumon lié à l'amiante.

"Scientifiquement, l'amiante est un cancérogène sans seuil", rappelle Alain Bobbio en assurant que des gens n'ayant travaillé "qu'un mois" dans des entreprises fabricant de l'amiante avaient développé un cancer "longtemps après".

Parmi les manifestants, une soixantaine de membres de l'association locale (Aldeva) de Condé-sur-Noireau dans le Calvados, deux semaines après le non-lieu général demandé par le parquet de Paris dans l'affaire de l'exposition à l'amiante de salariés de l'usine locale de Valeo-Ferrodo.

Une position "aberrante et difficile à supporter pour les victimes", estime François Martin, président de l'association partie civile dans ce procès: "Cela revient à donner le permis de tuer à l'ensemble des industriels utilisant des produits cancérigènes".

JACQUES DEMARTHON, © 2018 AFP


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