Dépakine: le laboratoire Sanofi mis en examen pour "homicides involontaires"

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Dépakine: le laboratoire Sanofi mis en examen pour "homicides involontaires"

Le lundi 3 août 2020 à 11:17 pharmacie médicaments enfants handicapés enquête

Dépakine: le laboratoire Sanofi mis en examen pour "homicides involontaires"

Le logo de Sanofi au siège du groupe pharmaceutique en mars 2020 à Paris
Le logo de Sanofi au siège du groupe pharmaceutique en mars 2020 à Paris

Le groupe pharmaceutique Sanofi, déjà poursuivi pour "tromperie aggravée" et "blessures involontaires" dans l'enquête sur la commercialisation de l'anti-épiléptique Dépakine, a également été mis en examen pour "homicides involontaires", a-t-il

L'enquête avait été ouverte en 2016 auprès du tribunal judiciaire de Paris, suite à une procédure à l'initiative de l'Association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anti-convulsivant (Apesac), représentant 4.000 personnes dont la moitié des enfants malades, et qui s'appuyait sur 14 cas de mères ayant reçu de la Dépakine lors polde leur grossesse.

La molécule en cause, le valproate de sodium, est commercialisée depuis 1967 sous la marque Dépakine par Sanofi, mais aussi sous des marques génériques, et est prescrite aux personnes souffrant de troubles bipolaires.

Elle présente néanmoins un risque élevé de malformations congénitales sur le fœtus si elle est prise par une femme enceinte.

En février 2020, les juges en charge de l'enquête sur la commercialisation de la Dépakine avaient mis en examen le groupe pharmaceutique français pour "tromperie aggravée" et "blessures involontaires".

Données, cas et chronologie de l'affaire de la Dépakine, un antiépileptique qui pris par la femme enceinte provoque des malformations et des troubles du comportement chez l'enfant in utero
Données, cas et chronologie de l'affaire de la Dépakine, un antiépileptique qui pris par la femme enceinte provoque des malformations et des troubles du comportement chez l'enfant in utero

Lundi, le groupe a indiqué à l'AFP avoir également été mis en examen "dernièrement pour homicides involontaires", confirmant une information du quotidien Le Monde qui évoque la date du 20 juillet.

Le groupe, dans une communication transmise à l'AFP, affirme avoir "respecté ses obligations d'information et conteste le bienfondé de ces poursuites".

"Le laboratoire a saisi la chambre de l'instruction afin de contester sa mise en examen.L'ensemble de ces éléments ne préjuge en rien de la responsabilité du laboratoire", met-il en avant.

En juillet dernier, la justice avait pour la première fois reconnu la responsabilité de l'Etat, ainsi que celle de Sanofi et de médecins, dans les effets dévastateurs de l'anti-épileptique Dépakine, le condamnant à indemniser des familles d’enfants lourdement handicapés.

FRANCK FIFE, © 2020 AFP


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