USA: la justice bloque une loi anti-avortement au Mississippi

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USA: la justice bloque une loi anti-avortement au Mississippi

Le samedi 25 mai 2019 à 10:04 politics justice abortion court

USA: la justice bloque une loi anti-avortement au Mississippi

Des manifestants défendent le droit à l'avortement devant la Cour suprême des Etats-Unis, le 21 mai 2019 à Washington
Des manifestants défendent le droit à l'avortement devant la Cour suprême des Etats-Unis, le 21 mai 2019 à Washington

La justice du Mississippi a bloqué vendredi une loi très restrictive sur l'avortement dans cet Etat conservateur du sud des Etats-Unis qui prévoyait d'interdire l'IVG à partir de six semaines de grossesse.

Cette décision est intervenue le jour où, dans l'Etat voisin d'Alabama, des associations ont demandé à la justice de faire de même à l'encontre d'une loi draconienne sur l'avortement récemment adoptée.

Au Mississippi, une loi rendant l'avortement illégal dès la détection du rythme cardiaque de l'embryon, possible à partir de la sixième semaine, a été votée en mars et devait entrer en vigueur le 1er juillet.

"Le Mississippi a voté une nouvelle loi interdisant l'avortement avant le seuil de viabilité" du foetus, a souligné le juge Carlton Reeves dans sa décision.

En 2018, l'Etat du Mississippi avait déjà voté une loi interdisant d'avorter après 15 semaines de grossesse - contre 20 actuellement - mais des associations étaient parvenues à la bloquer, a rappelé le magistrat, qui avait jugé en novembre dernier la législation contraire à la Constitution et aux droits des femmes.

"L'Etat a répondu avec une loi encore plus restrictive", a ajouté le juge Reeves.

Connue sous le nom de "Heartbeat Bill" ("texte du battement de coeur"), la nouvelle loi promulguée par le gouverneur républicain du Mississippi Phil Bryant, comporte une exception en cas de complications médicales, mais pas pour les victimes de viol et d'inceste.

L'interdiction "est une menace immédiate aux droits des femmes", a-t-il dit. Une seule clinique pratique l'avortement dans cet Etat.

Le gouverneur Phil Bryant a annoncé son intention de faire appel de cette décision. "En tant que gouverneur je me suis engagé à tout faire pour protéger la vie", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Plus d'une douzaine d'Etats ont adopté des lois interdisant ou limitant drastiquement l'accès à l'avortement, qui a été légalisé aux Etats-Unis en 1973 par l'arrêt historique "Roe v. Wade" de la Cour suprême.

L'objectif affiché des opposants à l'IVG est de pousser la Cour, dorénavant dominée par les conservateurs, à revenir sur cette décision historique.

L'Alabama a promulgué le 15 mai le texte le plus répressif du pays, interdisant la quasi-totalité des interruptions volontaires de grossesse, même en cas d'inceste ou de viol. Il assimile l'avortement à un homicide et prévoit une peine de 10 à 99 ans de prison pour les médecins le pratiquant, sauf en cas d'urgence vitale pour la mère ou d'"anomalie létale" du foetus.

La puissante association de défense des libertés civiles (ACLU) et le Planning familial ont demandé vendredi à la justice de l'Alabama de bloquer cette loi, qui doit entrer en vigueur en novembre.

La loi "est de façon flagrante inconstitutionnelle et l'ACLU ne restera pas sans bouger alors que les responsables politiques, encouragés par le programme anti-avortement du président (Donald) Trump, exploitent notre santé et nos vies pour un profit politique", a affirmé Alexa Kolbi-Molinas, avocate de l'ACLU.

Andrew CABALLERO-REYNOLDS, © 2019 AFP


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